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466 Les Spectacles de la Foire.
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délicateffe, fans mœurs, et qui regarde comme autant deplaifan-teries les horreurs qu'il commet tous les jours ; ivrogne, joueur, je ne fais comment cet impudent coquin parvint à captiver les bonnes grâces dc quelques perfonnes de diftinction qui le rendirent.un fujet déteftable.en l'accablant d'éloges complaifans et qu'il eft bien loin de mériter ,\ car qu'eft-ce que Volange en effet? Un grimacier perpétuel qui doit à fa phyfionomie laide et baffe les trois quarts de fés fuccès.... O mes concitoyens, vous l'avez vu, ce célèbre/a»o/, fur un des principaux théâtres de la capitale... Peut-on jouer plus ridiculement les Trois Fermiers, les Chaffeurs et la Laitière et quelques autres rôles qui lui furent confiés par bonté et que l'arrogance lui fit accepter ? Ombre de Colalto, l'événement du début de cet hiftrion nous rappelle bien vivement la perte que nous avons effuyée : Que n'avez-vous pas dû fouffrir en apprenant aux Champs-Élyfées que les Trois Jumeaux étaient joués par un échappé de la parade et que votre place étoit occupée par cet infolent orgueilleux ? Auffi le public vous rendit juftice ; l'affluence rendit fon déshonneur complet. Encore tout dégoûtant du tonneau d'immondices dont il venoit dc fortir, Volange fut trop heureux de reprendre au foyer de la Comédie-Italienne le coftume vil et méprifable du favoyard élève de M. Ragot, qu'il avoit laiffé par précaution et que la circonftance lui rendit fort utile. Au milieu des huées de la populace, les yeux couverts de fon bonnet rouge, il regagna les tréteaux où il s'étoit rendu célèbre, et, fier de l'enthoufiafme public, il s'y maintient encore par l'infolence et la folle condefeendance que le directeur de cette efpèce d'antre de bohémiens a pour lui. Avec jufte raifon fés camarades le détellent. La manière indigne dont il les traite pour la plupart, fés procédés infâmes le rendent abfolument le rebut de ceux qui le connoiffent, et la prédiction que j'ai placée'dâns mon premier volume, à la fin de l'article qui le concerne, commence à fe réalifèr. On ne lui palTe plus rien. Ce n'eft plus ce Volange, cet acteur fêduifant, vanté, fêté ; ce n'eft plus qu'un bateleur ordinaire, et fés protecteurs étaut détrompés, nous verrons fûrement
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